Semaine du 30 mars au 5 avril 2026 : CRÉATION / TRANSMISSION

Chaque semaine, retrouvez les coups de cœur du 5e Lieu !

L’art est un dialogue sans fin entre ce que l’on reçoit et ce que l’on invente. Derrière chaque œuvre se cache un réseau de références et d’influences. Chaque geste créatif s’inscrit dans une chaîne de regards et d’appropriations. L’inspiration en effet naît rarement du vide : elle s’alimente d’emprunts à des formes, des idées, des sensibilités héritées du passé ou issues d’autres horizons, moteurs même de l’innovation. Une dynamique de transmission, où les artistes se répondent et se réinventent, faisant de l’art un espace vivant de circulation et de métamorphose.

CONCERT : KAIJA SAARIAHO, CRÉATION & TRANSMISSION – ACCROCHE NOTE, QUATUOR ADASTRA, HEAR MUSIQUE

Cité de la Musique et de la Danse

Mardi 31 mars 19h

Entrée libre

Ce projet associe Accroche Note et le Quatuor Adastra dans une dynamique artistique et pédagogique autour de l’œuvre de Kaija Saariaho, l’une des grandes figures de la création contemporaine. En croisant les expériences de deux ensembles intergénérationnels, il vise à faire dialoguer interprétation, transmission et médiation auprès des jeunes musiciens du Grand Est.

Les œuvres interprétées : Dolce tormento pour piccolo (2004) / Figura pour clarinette, piano et quatuor à cordes (2016) / Deux Papillons pour violoncelle (2000) / Terra Memoria pour quatuor à cordes – extraits (2006) / Cendres (1998) / Prélude pour piano (2006) / Die Aussicht (1996) / New Gates pour flûte alto et harpe (1996) / Semafor pour ensemble (2022)

La saison publique du Conservatoire : https://www.conservatoire.strasbourg.eu/saison-publique/

CONCERT : IMPRESSIONS FRANÇAISES – ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE STRASBOURG

PMC

Mercredi 1er avril 20h

60€ à 6€ / Prévente : billetterie de l’OPS au guichet, par téléphone au n° 03 68 98 68 15, en ligne à l’adresse https://philharmonique.strasbourg.eu/

Compositeur et pianiste ukrainien né à Kharkiv en 1876, Théodore Akimenko appartient à cette génération post-romantique trop brutalement éclipsée par les figures plus radicales de la modernité. L’œuvre de celui qui fut l’élève de Rimski-Korsakov et le professeur de Stravinsky mérite pourtant amplement une redécouverte. S’y mêle dans une alchimie unique les réminiscences atténuées d’un colorisme russe qu’il léguera à son élève, une langueur nostalgique très mitteleuropa qui le rapproche d’un Zemlinsky et les magies orchestrales issues des impressionnistes français (inspiration nourrie de longues années de résidence en France), sans laisser aucune sensation de mélange hétéroclite : c’est, comme en témoigne sa Suite pastorale d’inspiration néoromantique, qu’une vraie personnalité musicale est à l’œuvre.

Cette soirée « française » sera complétée par l’interprétation de la Symphonie cévenole pour piano et orchestre de Vincent d’Indy, le très romantique La nuit et l’amour d’Augusta Holmès et la remarquable Symphonie en ré mineur de César Franck.

Direction : Kirill Karabits / piano : Jonathan Fournel.

Les ressources en ligne de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg: https://philharmonique.strasbourg.eu/

EXPOSITION : LES RUINES DE LA LUMIÈRE – JACOPO PAGIN

CEAAC

28 mars – 26 avril

Entrée libre

Depuis 2010, la Fondation d’entreprise Hermès confronte des plasticien·nes aux savoir-faire artisanaux des manufactures de la maison Hermès dans le cadre de son programme des Résidences d’artistes. Cette immersion au plus près des gestes leur permet de découvrir de nouvelles matières et d’expérimenter d’autres modes de production, qui aboutissent à la réalisation d’œuvres inédites.

Accueilli au sein de la cristallerie Saint-Louis grâce à la commissaire Emmanuelle Luciani, Jacopo Pagin franchit une étape importante de son parcours grâce aux savoir-faire de la manufacture. Intitulée Les ruines de la lumière, l’exposition présentée dans l’accueil du CEAAC rassemble croquis, peintures et vases en cristal. Les œuvres établissent un lien singulier entre l’élégance d’apparat de l’objet en cristal et l’iconographie radicale de l’artiste où l’idée de ruine occupe une place centrale : le vase de cristal, symbole d’opulence, devient alors à la fois ruine anticipée et vestige d’un futur possible.

Toute l’actualité du CEAAC : https://festivalmusica.fr/editions/mini-musica-2026

CONCERT : BACHAR MAR-KHALIFÉ – POSTLUDES

PréO – Oberhausbergen

Mercredi 1er avril 20h

22€ à 6€ / Prévente : https://www.le-preo.fr/

Né à Beyrouth en 1983, Bachar Mar-Khalifé a grandi au milieu des bouleversements politiques libanais. Ses compositions sensibles s’en font l’écho, abordant la guerre ou l’exil mais aussi l’espoir et une certaine beauté du monde, sources infinie d’inspiration.

Après une pause de deux ans, il est de retour avec un album baptisé Postludes. Comme un retour à l’essentiel, en format solo piano-voix, l’artiste y navigue entre ses propres compositions, les Préludes de Chopin, des reprises de Nirvana ou de Christophe, en passant par le chant Sawfa Nabqa Houna, devenu symbole de résilience de la population à Gaza et de son Liban natal meurtri. Un choix de musiques transpirant ce désir de nous raconter entièrement, sans frontières. Entre les mains de Bachar Mar-Khalifé, ce répertoire unique transcende les esthétiques et les époques, se transformant en un poignant manifeste.

Sur scène au PréO : https://www.le-preo.fr/

CINÉMA : HUIT ET DEMI – FEDERICO FELLINI

Le Cosmos

Mercredi 1er avril 18h (grande salle), samedi 4 avril 20h40 (petite salle)

Tarifs cinéma / Prévente : caisse du cinéma et https://cinema-cosmos.eu/

« Au moment du tournage de 8½, il m’arriva une chose que je redoutais depuis longtemps. Je fus victime d’un blocage, comme les écrivains en ont parfois devant leur page blanche. » Le blocage de Fellini devint le sujet même du film. Les angoisses d’un cinéaste en mal d’inspiration et en mal de vivre tout court avec Guido/Mastroianni en double notoire arborant tous les attributs felliniens, manteau noir, écharpe et Borsalino. Guido qui finira par trouver l’inspiration dans une altérité présente en son sein même dans le monde des rêves, se laissant porter par le souffle des fantasmes et des songes, jusqu’à la farandole finale, d’une beauté infinie, indissociable du thème légendaire de la fanfare de Nino Rota.

Le cycle #27 du Cosmos, Rêve éveillés : https://cinema-cosmos.eu/