Semaine du 9 au 15 janvier 2023 : LES ABSENTS

Chaque semaine, retrouvez les coups de cœur du 5e Lieu !

Caroline Guiela Nguyen a été nouvellement nommée à la direction du TNS. Intéressons-nous à son travail.  Il s’attache aux parcours de vie, aux histoires et aux corps absents des plateaux de théâtre. Des récits dramaturgiques inspirés du réel et d’histoires intimes, incarnés par des amateurs ou des professionnels, venant d’horizons sociaux, géographiques, culturels, spirituels, divers avant tout. Et tenons-nous dans le sillon d’une de ses thématiques récurrentes avec une semaine consacrée aux pièces manquantes : disparus et exilés, âmes invisibilisées et fantômes et aux traces qu’en conservent ou oublient les mémoires.

PROJECTION-RENCONTRE : SAÏGON – CAROLINE GUIELA NGUYEN (2h50)

Star

Dimanche 15 janvier 15h30

Gratuit sur réservation au n° 03 88 24 88 24 ou à l’adresse https://www.tns.fr/

Projection en avant-première de la captation de Saïgon, pièce créée en 2017.

Comme les acteurs, les personnages de Saigon sont français, vietnamiens ou encore français d’origine vietnamienne. Quelle que soit leur génération, ils ont en commun des paysages, des visages, des chansons, une langue qui, pour certains, n’existent plus que dans leurs souvenirs. Le lieu lui-même n’échappe pas à cette nostalgie. Un restaurant coincé dans un espace-temps compris entre la France d’aujourd’hui et le Saïgon des années 50 où les personnages ont pris l’habitude de se croiser, de se retrouver pour manger, chanter, boire, danser, s’aimer et tenter de célébrer la vie malgré tout. Fruit d’un long travail d’immersion entre la France et le Vietnam, ce récit polyphonique invente les voix de femmes et d’hommes marqués par l’histoire et la géographie. Tous portent en eux l’empreinte de la modification de notre monde. Saïgon est une terre blessée, il y a toujours quelqu’un qui manque, quelqu’un à pleurer, et c’est ce trajet des larmes qui nous guide. Caroline Guiela Nguyen évoque avec la présence de ces onze comédiens une France qui existe au-delà des limites qui lui sont assignées, au-delà de ses frontières.

La projection de Saïgon sera présentée par l’auteur et précédée à 15h30 du moyen métrage Les Engloutis, projet mené par Caroline Guiela Nguyen avec des détenus de la maison centrale d’Arles.

Toutes les ressources en ligne du TNS : https://www.tns.fr/

THÉÂTRE : FRATERNITÉ – CAROLINE GUIELA NGUYEN (3h)

TNS – Koltès

Jeudi 12, vendredi 13 janvier 20h / samedi 14 janvier 16h ( et aussi d’autres séances jusqu’au 20 janvier)

30€ à 6€ / Prévente : Billetterie du TNS au guichet, par téléphone au n° 03 88 24 88 24, en ligne à l’adresse https://www.tns.fr/

Pour composer ce spectacle, Caroline Guiela Nguyen a réuni des interprètes professionnel·le·s ou non, de divers âges et origines, parlant différentes langues. Pendant une grande éclipse, la moitié de l’humanité a disparu. Que sont devenues les personnes absentes ? L’action de la pièce se situe dans un des Centres de Soin et de Consolation qui ont ouvert partout sur la planète. Les femmes et hommes réunies dans ce lieu ont en commun la perte d’êtres chers : enfant, parent, amour, sœur ou frère… Une microsociété se reforme et s’organise, des gens venus de tous horizons, unis par l’incompréhension et la douleur mais aussi l’espoir et la nécessité de tout mettre en œuvre pour voir un jour réapparaître les personnes aimées.

Toutes les ressources en ligne du TNS : https://www.tns.fr/

PROJECTION : CEUX DE LA NUIT – SARAH LEONOR (1h10)

Star

Sortie le 11 janvier (séances cinéma)

Tarifs cinéma / Prévente : caisse du cinéma

La frontière franco-italienne au col de Montgenèvre. Le jour : le tourisme, des capitaux investis pour rentabiliser la montagne, des emplois saisonniers qui font vivre une grande partie des habitants de la région. La nuit : le destin fragile de plus de dix mille hommes, femmes, enfants, qui, en l’espace de quatre ans ont franchi la frontière au péril de leur vie, et qu’on n’a pas vus, qu’on ne voit pas, qu’on ne verra jamais.

« Quels récits ont façonné les chemins du col de Montgenèvre et de la vallée de la Durance ? Le passage de la voie romaine, les troupeaux qui rejoignent leurs pâturages, les migrants venus d’Italie, Hannibal et ses éléphants peut-être. Le paysage se façonne et s’écrit par ceux qui sont passés là, tous ceux qui le traversent inscrivent leur passage. Aujourd’hui des personnes exilées cherchent la route pour Briançon en évitant les barrages policiers. La nuit, des hommes et des femmes viennent éclairer et baliser les sentiers pour les aider. Sarah Leonor regroupe et recoupe les histoires, des histoires de versants, des histoires opposées, des histoires croisées. Lire le paysage pour qu’il nous laisse voir ceux qu’on ne voit pas, les vies obscures, non désirables, égarées, qui se cachent mais qui laissent leurs traces. »

Toute la programmation des cinémas Star et Star St Ex : https://www.cinema-star.com/

PROJECTION-RENCONTRE : POUR LA FRANCE – RACHID HAMI (1h53)

Star St Ex

Jeudi 12 janvier 20h

Tarifs cinéma / Prévente : caisse du cinéma

Lors d’un rituel d’intégration dans la prestigieuse École Militaire de Saint-Cyr, le jeune officier Aïssa, 23 ans, perd la vie. Face à une Armée qui peine à reconnaître ses responsabilités, Ismaël, son frère aîné, se lance dans une bataille pour la vérité. Son enquête sur le parcours de son cadet va faire ressurgir ses souvenirs, de leur enfance à Alger aux derniers moments ensemble à Taipei. Une intrigue autobiographique inspirée d’un drame vécu par le réalisateur et qui est aussi un portrait magnifique de deux générations d’immigrés algériens qui ont rêvé la France comme une terre d’accueil, loin d’un enfer xénophobe où même les filières d’excellence les écartent.

Film projeté en présence du réalisateur et de l’acteur Karim Leklou

Toute la programmation des cinémas Star et Star St Ex : https://www.cinema-star.com/

PROJECTION : FACE AUX FANTÔMES – JEAN-LOUIS COMOLLI (1h10)

Maison de l’Image

Jeudi 12 janvier 18h30

Entrée libre

Le film propose une manière inédite de filmer la parole savante. Face aux fantômes est l’adaptation cinématographique d’un livre d’histoire. La mise en scène est omniprésente, visible et revendiquée, et le décor de la recherche n’est plus la bibliothèque mais le studio de cinéma – ce qui induit un surprenant rapport d’équivalence entre l’enquête historique et documentaire. L’historienne et le réalisateur y consultent toutes sortes de documents, s’interrogent, reçoivent, travaillent. Cette enquête rejouée est un habile processus d’intellection : la déconstruction minutieuse du travail de Resnais, de Jean Cayrol ou de l’historienne Olga Wormser nous fait éprouver le contexte culturel et intellectuel de ces années 1950, où la distinction entre camps de concentration et d’extermination n’était pas accomplie et où régnait le récit national du déporté résistant au nazisme. Retraçant toutes les étapes de la vie du film (de la commande initiale jusqu’au travail sur les versions internationales), il témoigne s’il en était besoin de la haute exigence tant historique, politique que cinématographique d’Alain Resnais.

L’actualité du Lieu documentaire est en ligne : https://www.videolesbeauxjours.org/