Semaine du 2 au 8 novembre 2026 : L’épreuve autobiographique

Chaque semaine, retrouvez les coups de cœur du 5e Lieu !

Écrire ce qui se vit, ce qui se ressent, ce qui s’éprouve. Les profondeurs de l’être intérieur comme remontées à la surface quand les souvenirs reviennent, se structurent, se lient ou se délient et que tout devient histoire. Se révéler comme une épreuve photographique au grand jour. Cela nécessite un tel saisissement et dessaisissement de soi. L’exploration, et finalement être amené à saisir et transcrire d’abord, puis à comprendre ensuite ce qui fait soi dans ce miroir de l’intime.

THÉÂTRE : NAGER – BENOÎT MOREIRA DA SILVA

Cheval Blanc – Bischheim

Samedi 7 novembre 20h

15€ à 6€ / Prévente : billetterie Ma Culture à Bischheim à l’accueil du Sapin Vert, par téléphone au n° 03 88 18 01 00, en ligne à l’adresse https://billetterie.bischheim.alsace/

Quand il était enfant, à peine adolescent, pas encore adulte, Benoît avait envie de disparaître. Ce qu’il faisait n’était jamais assez bien. C’est important de raconter ça. De raconter comment on pense être fou. Fou quand on n’arrive pas bien à lire ou à écrire à huit ans. De raconter la conscience de l’exclusion sociale, quand on a treize, quinze ans. De raconter comment donner des coups peut être le seul moyen de communication pour certaines personnes. De raconter que la générosité vient plus souvent des exclu·es. De raconter qu’on aimerait être capable de dire merci, de dire qu’on a vu les efforts, et la dignité des gens. De raconter la grandeur des petits combats. De raconter la vie d’un croate mort sept fois. De citer Édouard Louis. De dire qu’un enfant qui va mal peut devenir un adulte qui va bien. Comprendre que les combats ne mènent pas forcément à la métamorphose. Que la vie est plus forte que le théâtre, mais que c’est au théâtre qu’on se rassemble pour le dire. De parler de Dylan. De la France des ronds-points. De vous écouter respirer.

À partir de 15 ans.

Ma Culture à Bischheim : https://billetterie.bischheim.alsace/agenda

PROJECTION-RENCONTRE : LOIN, LÀ-BAS… –  ÉLISABETH KAPNIST

Maison de l’Image

Mercredi 4 novembre 18h30

Entrée libre

De Moscou à Saint-Pétersbourg, en passant par la Sibérie et La Bohême, le mythique Transsibérien bouleverse les paysages intérieurs de l’histoire personnelle et familiale d’Élisabeth Kapnist, créant un jeu de miroir insolite avec la Russie présente et passée.

C’est le déclic d’une rencontre (une jeune française sur le départ pour la mise en scène de La Bohème de Puccini à Novossibirsk) qui décide Elisabeth Kapnist à son premier voyage sur la terre de ses origines. Cette Russie qui ne cesse de la hanter, dont elle a été nourrie depuis son enfance, à travers les histoires familiales, la littérature et la pâtisserie. Cette Russie qu’elle a retrouvée à intervalles réguliers dans son travail de cinéaste. Cette Russie qu’elle ne connaît pas. Cette Russie dont elle n’a jamais appris la langue. Pour confronter ce pays imaginaire avec le pays réel qu’elle va traverser d’un bout à l’autre, Elisabeth choisit de prolonger le mythe et d’emprunter ce train légendaire qu’est le Transsibérien. Scandé par le rythme du train, elle filme comme on prend des notes ou comme on esquisse des dessins dans un carnet de voyage : par petites touches et fragments, cherchant en chemin les bribes de son histoire, ici en prenant le thé avec trois générations de femmes, là en suivant les répétitions du théâtre…

En présence d’Elisabeth Kapnist, réalisatrice.

Le calendrier des projections du Lieu Documentaire : https://www.lelieudocumentaire.fr/projections-rencontres/calendrier/

CONCERT : CAMILLE

La Laiterie

Samedi 7 novembre 19h30

39€ / Prévente : accueil du 5e Lieu et https://www.artefact.org/la-laiterie/

Neuf ans après Ouï, Camille nous revient avec The Sound of Milk, fresque musicale intime, conçue comme un triptyque, née de son expérience de mère et d’artiste, où s’explore la joie, la transmission, l’enfance et notre lien au vivant. Entre journal sonore, comédie musicale de poche et envolées pop, Camille se met à nu et nous livre un album à son image : engagé, tendre, libre et vivant !

Tout commence avec Naissance. Un été dans la maison de famille, alors que bébés et enfants babillent, sons et chants jaillissent comme une montée de lait. C’est « le son du lait » ! nous dit Camille, car tout partout vibre et se fait mélodie, des cellules de nos corps aux planètes de l’univers. Ces scènes de vie avec ses enfants encore petits composent un journal sonore avec de la voix et du vivant, sans instruments de musique, ni artifices, où le chant maternel circule librement. Composé d’eau, d’air, de souffles, de respirations, de berceuses, de comptines et de mélodies, ce premier volet capte toute la poésie de ce quotidien avec ses dynamiques joyeuses et ses rituels. Quelques années plus tard, c’est au tour d’Enfance, et d’Adolescence d’être enregistrés.

À venir à la Laiterie : https://www.artefact.org/la-laiterie/

CONCERT : FRAZEY FORD

Mardi 3 novembre 20h30

22€ à 6€ / Prévente : accueil du 5e Lieu et https://www.espacedjango.eu/

À la croisée de la soul, du folk et du funk 70’, Frazey Ford compose une musique libre profondément habitée, où chaque chanson laisse une large place à l’émotion et à la sincérité. Son écriture lumineuse, intime et profondément incarnée, composée des récits poétiques traversés de joie, de colère et de tendresse qui intègrent autant d’expériences de vie que de souvenirs de l’enfance, s’appuie sur des arrangements chaleureux et une voix immédiatement reconnaissable, capable de passer de la douceur la plus délicate à une intensité bouleversante. Sur scène, elle crée un moment suspendu, porté par une interprétation généreuse et une présence aussi élégante qu’authentique.

Pour la première fois en concert à Strasbourg ; avec en première partie : Phantom.

Sur scène à l’Espace Django : https://www.espacedjango.eu/programmation/

RENCONTRE : NOUS AUSSI – ANNE GODARD

Librairie Kléber

Jeudi 5 novembre 18h

Gratuit sur réservation à l’adresse : https://www.librairie-kleber.com/

On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s’appartient. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. Nous les enfants, les frères et sœurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n’a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c’est. On n’en est pas capables. On n’en a même pas envie.

Présenté comme un roman, Nous aussi est un livre largement autobiographique, écrit à la première personne du pluriel, en particulier avec le pronom “on”, ce mot si malléable, si apparemment neutre, si en fait sournois, qui permet de planter dans le fruit désirable de la bonne vie le ver de la faute et de la honte. Un livre qui pose cette question : comment exister hors d’un « nous » ?

Toutes les rencontres de la librairie : https://www.librairie-kleber.com/